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CONTEXTE
:
Sous occupation israélienne depuis 1967,
la bande de Gaza, territoire autonome palestinien depuis 1994, compte
plus de 800.000 réfugiés répartis dans huit camps. Il s’agit aujourd’hui
de la troisième ou de la quatrième génération de réfugiés qui vit
toujours dans des camps, en situation précaire. 50% de la population a
moins de 15 ans.
Le système éducatif a souffert des 28 ans d’occupation israélienne
et n’a pu se développer. La société palestinienne doit aujourd’hui faire
face à un système scolaire défaillant, les structures de loisirs pour
les enfants et les adolescents sont rares, le personnel éducatif
sous-qualifié travaille dans des conditions extrêmement difficiles.
Tous les enfants ont été frappés par les événements de la seconde
Intifada qui s’est déclenchée le 28 septembre 2000, soit de façon
directe par la participation aux affrontements (pour seulement 1%), soit
de façon indirecte par l’altération du cadre familial (frustrations des
parents, chômage, tensions, angoisse de l’avenir) et social
(omniprésence des images de souffrance). Ainsi, qu’ils présentent ou non
des signes de trouble, tous sont susceptibles d’être traumatisés à des
degrés divers. La stabilité psychologique de ces enfants et leur
insertion sociale sont pourtant l’un des paris majeurs de la société
palestinienne pour pouvoir construire un Etat citoyen et démocratique.
BENEFICIAIRES:
5000 enfants dans les 18 centres d’animation
36 animateurs en formation
18 administrateurs des centres d’animation formés à la gestion,
l’organisation et la recherche de fonds
6.000 enfants encadrés par le personnel en formation de l’Institut
Can’aan
10.000 enfants bénéficiant des activités du secteur animation de
l’Institut Can’aann
800 personnes en formation
les familles et les communautés
OBJECTIFS :
Répondre aux besoins éducatifs, psychosociaux et culturels
des enfants vivant dans les camps de réfugiés
Renforcer la cohésion familiale et sociale
Participer au développement du secteur de l’éducation non formelle
Offrir des formations qualifiantes aux professionnels de l’éducation
non formelle et veiller à leurs reconnaissances
Promouvoir la participation des acteurs de la société civile dans la
construction d’une société palestinienne basée sur la démocratie, la
tolérance et la promotion des droits de l’enfant.
REALISATIONS
:
E.R.M est présent dans la bande de Gaza depuis 1988.
Entre 1988 et 1992,
E.R.M a créé des structures de rééducation pour blessés
et handicapés et équipé en jouets une vingtaine de jardins
d’enfants. En 1992,
E.RM a mis en place le premier centre d’animation dans le
camp de Khan Younis, en partenariat avec cinq comités de femmes
constitués en association (Culture et Pensée Libre).
Programme d’animation pour les
enfants des camps
18 centres d’animation dans les camps de
réfugiés:
Aujourd’hui,
ERM
soutient 18 centres d’animation pour des enfants de 6 à 16 ans
installés dans les centres communautaires des huit camps de réfugiés
de la bande de Gaza. Ces centres sont encadrés par 2 formateurs et
36 animateurs ayant bénéficié d’une formation à l’Institut Can’aan
de pédagogie nouvelle.
Les enfants y pratiquent des activités qui favorisent leur
créativité, leur sociabilité, leur autonomie et leur intégration
communautaire : expression graphique et artistique (dessin sur
papier, mur, tissu, matières naturelles, peinture, maquette, pâte à
modeler), théâtrale (marionnettes, sketchs, ombres chinoises, danse
traditionnelle, chansons, mimes), littéraire (écriture d’une
histoire, construction d’un livret), jeux d’extérieur et jeux
sportifs.
ERM contribue à l’écoute et à la prise en charge des troubles
psychiques des enfants, par une sensibilisation d‘animateurs aux
problèmes de santé mentale et par la mise en place dans la plupart
des centres, de séances encadrées par un psychologue.
Soutien à des activités pour enfants dans
l’enclave de Mawassi :
L’enclave de Mawassi dans le sud-ouest de la bande de Gaza,
est constituée d’une série de petits villages palestiniens pris en
étau entre la mer, la frontière égyptienne contrôlée par Israël et
les colonies d’occupation. Depuis le début de l’Intifada, les
habitants de Mawassi sont soumis à un blocus qui asphyxie totalement
la région, les habitants sont empêchés de sortir et soumis à des
fouilles systématiques.
Depuis février 2001,
E.R.M soutient une équipe d’animateurs qui s’installe
tous les après-midi dans l’école de Mawassi pour proposer aux
enfants des activités ludiques et d’expression.
Un secteur animation au sein de l’Institut
Can’aan de pédagogie nouvelle:
- Le Petit Parlement des Enfants de Can’aan rassemble une
centaine d’enfants de 9 à 15 ans, venant de différentes structures
éducatives de la bande de Gaza, qui débattent, s’expriment et
apprennent à connaître leurs droits et leurs devoirs.
- Un programme d’actions ponctuelles est organisé en coopération
avec une centaine de structures de la bande de Gaza intervenant dans
le secteur de l’enfance : journées théâtre, foire du livre pour
enfants, festival de cerfs-volants, festival culturel.
- L’Institut Can’aan soutient aussi une trentaine de camps d’été par
an, grâce à la formation du personnel, l’appui en matériel, l’aide à
l’organisation.
- Enfin, des débats hebdomadaires sont organisés pour les
professionnels de l’enfance et le public en général.
Cailloux de la colère, graviers de misère
Dans cette nouvelle Intifada, les enfants sont les premières
victimes.
Les enfants palestiniens n’ont plus leur enfance entre les mains.
Inévitablement, quand je tends aujourd’hui une feuille et un crayon
à un enfant qui fréquente un des centres où ERM intervient,
ils me dessinent des soldats, des armes, du sang, des mains qui
brûlent…
Même à ceux qui ne participent pas directement à la confrontation,
on a volé leur enfance.
La réalité quotidienne arrache brutalement l’innocence qui leur
était promise.
Combien d’années porteront-ils les marques du traumatisme qu’ils
subissent aujourd’hui ?
Nous n’avons pas les moyens directs de faire cesser cette tuerie.
Nous n’avons aucune influence sur le cours des négociations.
Et pourtant, à travers nos projets, nous pouvons contribuer
à redonner aux enfants palestiniens une vie d’enfant.
Leur permettre de jouer, de danser, de dessiner, de rêver.
De briser par leurs rires le poids de la violence.
D’en faire mille et un éclats.
Pour les semer sur un nouveau chemin.
Antoine Vuillaume
Administrateur ERM à Gaza –2001
Bulletin °28/29 – oct 2000 / mars 2001
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